Editorial Mai 2012

Directeur de publication : Franck Ferré

 

Cent numéros...   sans concession

Au mois d’avril 2003, tous les centres de contrôle de France découvraient dans leur boite à lettres un document de huit pages, le numéro zéro de CTMagazine, sous-titré : « Le mensuel des professionnels du contrôle technique automobile ». Ce premier envoi gratuit avait pour but de jauger l’impact que pourrait avoir sur les professionnels du terrain un magazine mensuel essentiellement consacré au contrôle technique automobile. Dans les deux semaines qui suivirent, nous enregistrions plus de deux cent demandes d’abonnements : le pari était gagné.

Il ne s’agissait pas alors de se contenter de ce résultat encourageant mais de faire vivre le journal et de faire évoluer le nombre de nos lecteurs. Pour cela, la condition première consistait à s’adresser à tous les professionnels au delà des clivages et des intérêts économiques et commerciaux, naturels dans un marché de libre concurrence. Mais au delà de ces différences, tous les centres font le même métier, ils sont soumis aux mêmes règles définies par une même réglementation. Par conséquent, les préoccupations des uns rejoignent nécessairement celles des autres. Cette constatation est le socle sur lequel se fonde et se fondera toujours notre ligne éditoriale. Le but de CTMagazine est d’aider la profession à s’ouvrir par une information libre et sans concession.

Durant ces neuf années, nous avons eu à faire face à diverses tentatives de déstabilisation, rumeurs, fausses informations (dont une dernièrement), elles ont toutes avorté et nous ont même rendus plus fort. Cent numéros, plus de mille articles, des reportages sur le terrain et dans six pays d’Europe ont assis notre crédibilité, une progression de notre lectorat de 30 % par an suffit à le prouver. Merci à vous, nos lecteurs, pour votre fidélité et bienvenue à tous ceux qui nous rejoindrons dans l’avenir car notre succès est aussi le vôtre. Merci aussi à toute l’équipe dont le noyau est resté le même durant ces neuf années. J’ai constamment apprécié l’engagement et la disponibilité de chacun. Cet esprit d’équipe a beaucoup contribué à maintenir la ligne éditoriale que nous avions définie ensemble dès le départ. Mais le rythme de l’actualité ne ralentit pas et dans cette période de constantes évolutions, de prise en main de l’avenir de la profession, des défis sont toujours à relever, tels que le contrôle des véhicules électriques, sujet auquel nous consacrons l’essentiel de ce numéro. Le contrôle des deux-roues également, qui risque après l’élection présidentielle d’être envoyé aux oubliettes malgré une accidentologie préoccupante. La position du nouvel exécutif sur ce dossier (voir le précédent numéro) ne semble pas favorable au contrôle des cyclomoteurs par les centres spécialisés.

Pendant sa campagne, François Hollande, dans une correspondance adressée aux associations de motards, s’est prononcé pour « la mise en place d’un suivi d’entretien et de conformité des véhicules qui s’appuierait sur le réseau des concessionnaires effectuant l’entretien, plutôt que d’instaurer un contrôle technique. » Pourtant, il existe en France une stricte séparation entre le contrôle technique et la réparation. Laisser phagocyter le contrôle des deux-roues par les concessionnaires est un virage à 180 degrés, une dérive dangereuse qui ne laisse rien présager de bon pour le contrôle technique règlementaire tel qu’il a été mis en place par l’arrêté du 18 juin 1991. Toute la profession va donc devoir défendre son périmètre d’activité, on peut espérer pour le moins qu’il y a consensus sur ce sujet.

Dans tous les cas, CTMagazine oeuvrera dans ce sens, nos lecteurs auront prochainement l’occasion de le constater. Notre position est claire : qu’il s’agisse de contrôler un VL, un PL ou un deuxroues, seul un centre de contrôle technique agréé spécialisé peut garantir une prestation dont la qualité ne saurait être mise en doute par une quelconque collusion entre le contrôle et tout intérêt économique lié à la réparation ou à la vente. Ce qui vaut pour une catégorie de véhicule, vaut a fortiori pour une autre. Sur ce point, il serait étonnant que l’administration, les réseaux et les indépendants aient des analyses divergentes au risque d’ébranler les fondements sur lesquels les principes de fonctionnement de la profession ont été édifiés et de sacrifier la qualité du contrôle technique français à seule fin de remettre à demain ce que l’on devrait faire le jour même. Chaque jour, des cyclomoteurs sont la source d’accidents aux conséquences parfois fatales pour notre jeunesse, alors que nul n’ignore que la majorité de ces engins circule en non-conformité. Devra-t-on laisser encore s’alourdir l’addition alors que les décideurs ne seront en fin de compte jamais les payeurs ?